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Retable de Gand (L’Adoration de l’Agneau mystique)
Hubert et Jan van Eyck · Renaissance et maniérisme
- Artiste
- Jan van Eyck (c. 1395–1441)
- Date
- 1432
- Dimensions
- 350 x 470 cm (ouvert)
- Technique
- Huile sur panneaux de chêne
- Lieu
- Cathédrale Saint-Bavon, Gand, Belgique
Le Retable de Gand est un immense polyptyque de douze panneaux peints, achevé en 1432 pour une chapelle de l’actuelle cathédrale Saint-Bavon de Gand. C’est l’une des œuvres fondatrices des primitifs flamands et l’un des tableaux les plus admirés d’Europe.
Regard sur l’œuvre
Ouvert, le registre supérieur montre Dieu en majesté entre la Vierge et saint Jean-Baptiste, encadré d’anges musiciens et des nus d’Adam et Ève, d’un réalisme saisissant. En bas, dans une vaste prairie fleurie, des foules de saints, prophètes, martyrs et pèlerins convergent vers l’Agneau de Dieu debout sur un autel, dont le sang coule dans un calice. Chaque joyau, chaque plante, chaque cheveu est rendu par de lumineux glacis à l’huile. Une inscription indique que l’œuvre fut commencée par Hubert van Eyck et achevée par son frère Jan.
Histoire du tableau
Peu de tableaux ont autant voyagé malgré eux. En 1566, les panneaux furent cachés dans la tour de la cathédrale pour les soustraire aux iconoclastes protestants ; en 1794, les troupes révolutionnaires françaises emportèrent les panneaux centraux à Paris, d’où ils ne revinrent qu’après la chute de Napoléon, en 1815. L’année suivante, les volets furent vendus et aboutirent dans la collection royale de Berlin ; ils regagnèrent Gand en 1920 en vertu du traité de Versailles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis s’emparèrent du retable et l’entreposèrent dans la mine de sel d’Altaussee, en Autriche, où les « Monuments Men » alliés le récupérèrent en 1945. Une grande restauration commencée en 2012 a retiré les repeints ultérieurs et révélé la surface originale de van Eyck.